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The Vera C. Rubin Observatory and the Legacy Survey of Space and Time

Moteur ! L'observatoire Vera C. Rubin vient de lancer le plus grand film cosmique jamais réalisé.

1 juillet 2026

Le relevé LSST (Legacy Survey of Space and Time), d'une durée de dix ans, a officiellement démarré le 29 juin 2026, marquant le début d'une nouvelle ère en astronomie et en astrophysique. Le LPSC figure parmi les laboratoires français qui contribuent à cette aventure scientifique sans précédent.

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Un film de l'Univers, nuit après nuit pendant dix ans

Après des mois de réglages ultrafins de sa caméra astronomique géante et de l'ensemble de ses organes, l'observatoire Vera C. Rubin a donné le top départ de son initiative phare, le « Legacy Survey of Space and Time » (LSST). Ce programme d'une durée de dix ans vise à réaliser le relevé astronomique le plus ambitieux jamais entrepris. Nuit après nuit, l'observatoire balaiera sans relâche le ciel visible depuis l'hémisphère sud, revenant sur chaque région tous les trois jours environ pour en prendre une nouvelle photographie à très haute définition. En répétant cette opération pendant dix ans, il constituera peu à peu un véritable film de tout ce qui change ou bouge dans cette partie de l'Univers, mais fournira aussi une vue très profonde, formée par l'addition des images individuelles, qui mettra en lumière les grandes structures cosmologiques. Ce démarrage couronne 25 ans d'études et de construction menées par une collaboration internationale, à laquelle contribuent plusieurs équipes du CNRS.

Cette étape tant attendue est l'aboutissement d'années d'efforts menés par des milliers de personnes à travers le monde. Elle fait suite à l'événement « Rubin First Look » célébrant les premières lumières de l'observatoire qui s'est déroulé en juin 2025, suivi des derniers travaux de mise en service, d'un examen de l'état opérationnel du télescope et du lancement du flux d'alertes.

 

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Tests du système de changeur de filtres dans différentes positions pour simuler l’observation finale.

« Il a fallu vingt ans de recherche scientifique rigoureuse, d'ingénierie et bien plus encore pour en arriver au point où nous pouvons dire "action" et lancer le tournage de ce film à grand spectacle sur l'Univers. Les millions d'alertes enregistrées en à peine deux mois montrent que Rubin est opérationnel et fonctionne comme nous l'espérions. »
— Phil Marshall, directeur adjoint des opérations Rubin pour le SLAC

« La perspective de lancer le Legacy Survey of Space and Time, après plus de deux décennies de travail extraordinaire mené par notre équipe dévouée, est tout simplement incroyable. L'observatoire Rubin s'adresse à tous : LSST va révolutionner notre manière de pratiquer l'astronomie et l'astrophysique, en permettant aux scientifiques du monde entier de participer à des recherches de pointe. »
— Bob Blum, directeur de l'observatoire Rubin au NOIRLab

« La décision de lancer officiellement le LSST a été prise après une période d'optimisation du système et un examen opérationnel minutieux portant sur l'état de préparation technique, les performances du système de données et la validation scientifique. Parmi les facteurs importants qui ont joué un rôle dans cette décision figuraient la qualité d'image, la vitesse effective de balayage, la disponibilité et la fiabilité du système, ainsi que la précision de l'étalonnage. »
— Željko Ivezić, directeur du LSST

« Le démarrage du relevé LSST est à la fois la consécration d'un travail scientifique et technique de longue haleine, et le début d'une nouvelle histoire qui sera rythmée chaque nuit par la prise de centaines de clichés du ciel, et chaque année par la diffusion des données recueillies à la communauté scientifique. »
— Johan Bregeon, responsable scientifique des contributions françaises à l'observatoire Rubin pour le CNRS

Une caméra record et une science à la mesure de l'Univers

La conception de l'observatoire Rubin allie une puissance de collecte de lumière exceptionnelle, la capacité de parcourir rapidement le ciel nocturne et un large champ de vision. Sa caméra de 3 200 mégapixels — la plus grande caméra numérique au monde — capture désormais une nouvelle image détaillée toutes les 40 secondes environ. Grâce à cette cadence et à cette sensibilité, Rubin se comporte comme un système unifié et parfaitement calibré, capable de détecter chaque nuit, avec une fiabilité et une cohérence remarquables, des objets peu lumineux et des phénomènes fugaces.

L'observatoire Vera C. Rubin va mettre en lumière une grande diversité de phénomènes cosmiques : des étoiles variables, des explosions de supernovæ, les traces fossiles des galaxies, mais aussi recherchera des indices sur les mystères de l'énergie noire et de la matière noire. Il permettra par ailleurs certainement des phénomènes entièrement nouveaux que nous n'avons jamais observés auparavant. Certains évènements cosmiques se déroulent lentement, de manière imprévisible ou avec une fréquence incroyablement faible ; c'est pourquoi une campagne d'observation de dix ans est indispensable.

En revenant sur chaque point du ciel environ 800 fois en une décennie, les données de l'observatoire Vera C. Rubin fourniront donc à la communauté scientifique des observations profondes et riches en données temporelles, indispensables pour mettre au jour des événements subtils, capturer des objets en mouvement et étudier l'expansion accélérée de l'Univers.

Non seulement Rubin contribue à percer les mystères de l'Univers lointain, mais c'est aussi l'observatoire le plus performant jamais construit pour l'étude de notre système solaire. En prenant environ un millier d'images chaque nuit, Rubin dresse un inventaire détaillé du système solaire, comprenant des millions d'astéroïdes et de comètes. En à peine un mois et demi, lors des premières campagnes d'optimisation, Rubin a découvert plus de 11 000 astéroïdes jamais observés auparavant, dont 33 objets géocroiseurs et 380 objets transneptuniens.

Rubin ouvrira également de nouvelles perspectives pour l'astronomie multimessager, qui consiste à étudier les événements cosmiques à l'aide de signaux multiples tels que la lumière, les ondes gravitationnelles ou encore les rayons cosmiques. Les observations rapides et riches en couleurs réalisées par l'observatoire sur des phénomènes transitoires tels que les explosions stellaires, les trous noirs en pleine activité (en train d'absorber de la matière) et les collisions entre objets compacts, permettront aux télescopes du monde entier de repointer pour suivre ces événements éphémères.

Chaque nuit, Rubin collecte environ dix téraoctets de données et génère jusqu'à sept millions d'alertes signalant des changements dans le ciel nocturne. Ces alertes sont transmises à des alert brokers (« courtiers d'alertes »), des systèmes automatisés qui trient et classent ces changements afin que les scientifiques puissent agir rapidement.

Une fois le relevé LSST achevé, l'ensemble de données final contiendra des milliards d'objets et des milliers de milliards de mesures, tous accessibles via des publications régulières des données. C'est la première fois qu'une telle quantité de données astronomiques sera mise à la disposition d'un si large public, ouvrant la voie à de nouveaux types de découvertes tant pour les scientifiques que pour le grand public. Rubin invite toute personne dans le monde à exploiter ses données et à explorer l'Univers dynamique d'une manière révolutionnaire.

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The LSST Camera (Credit: Jacqueline Ramseyer Orrell/SLAC National Accelerator Laboratory)

Les contributions du CNRS

Le projet LSST est porté par le Département de l'énergie américain (DOE) et la Fondation nationale pour la science (NSF) américaine. Le Laboratoire national de l'accélérateur SLAC National Accelerator Laboratory est responsable de la construction de la caméra de l'observatoire. Partenaire historique du CNRS, SLAC a fait appel aux scientifiques de l'organisme afin de participer à l'élaboration du plan focal de la caméra ainsi qu'à la conception et à la construction de son changeur de filtres robotisé. Ce dernier permet de changer automatiquement 5 à 15 fois par nuit les filtres de couleurs dont est dotée la caméra, pesant entre 24 et 38 kg chacun. En mesurant la quantité de lumière que les objets célestes émettent et en confrontant les images prises à travers les différents filtres, il est possible de déterminer avec précision leurs propriétés physiques, comme leur nature, leur température ou leur distance.

Le Centre de calcul de l'IN2P3 / CNRS reçoit et stocke quotidiennement l'ensemble des images enregistrées par la caméra de l'observatoire Rubin et apporte ses compétences et son infrastructure informatique afin de traiter localement 40% des images. Un catalogue recensant les propriétés physiques de quelque 17 milliards d'étoiles et 20 milliards de galaxies extraites de ces images par des algorithmes sophistiqués sera progressivement constitué, représentant le catalogue d'objets célestes le plus complet jamais réalisé.

En outre, les laboratoires de CNRS Terre & Univers contribueront aux études cosmologiques et utiliseront les données du relevé LSST pour analyser la formation des galaxies, étudier la voie lactée et les petits corps du système solaires, tels que les astéroïdes.

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L'équipe LSST de LPSC devant la caméra LSST

Les contributions du CNRS

Le projet LSST est porté par le Département de l'énergie américain (DOE) et la Fondation nationale pour la science (NSF) américaine. Le Laboratoire national de l'accélérateur SLAC National Accelerator Laboratory est responsable de la construction de la caméra de l'observatoire. Partenaire historique du CNRS, SLAC a fait appel aux scientifiques de l'organisme afin de participer à l'élaboration du plan focal de la caméra ainsi qu'à la conception et à la construction de son changeur de filtres robotisé. Ce dernier permet de changer automatiquement 5 à 15 fois par nuit les filtres de couleurs dont est dotée la caméra, pesant entre 24 et 38 kg chacun. En mesurant la quantité de lumière que les objets célestes émettent et en confrontant les images prises à travers les différents filtres, il est possible de déterminer avec précision leurs propriétés physiques, comme leur nature, leur température ou leur distance.

Le Centre de calcul de l'IN2P3 / CNRS reçoit et stocke quotidiennement l'ensemble des images enregistrées par la caméra de l'observatoire Rubin et apporte ses compétences et son infrastructure informatique afin de traiter localement 40% des images. Un catalogue recensant les propriétés physiques de quelque 17 milliards d'étoiles et 20 milliards de galaxies extraites de ces images par des algorithmes sophistiqués sera progressivement constitué, représentant le catalogue d'objets célestes le plus complet jamais réalisé.

En outre, les laboratoires de CNRS Terre & Univers contribueront aux études cosmologiques et utiliseront les données du relevé LSST pour analyser la formation des galaxies, étudier la voie lactée et les petits corps du système solaires, tels que les astéroïdes.

Zoom : le broker Fink

Les laboratoires CNRS impliqués