Chromodynamique Quantique :

Aujourd'hui, la Chromodynamique Quantique (QCD) est établie sans aucun doute comme la théorie fondamentale décrivant les interactions fortes des quarks et gluons. Avec la théorie de Glashow-Salam-Weinberg des interactions électro-faibles, elle constitue le Modèle Standard de la physique des particules. Tandis qu'à basse énergie, le couplage fort ne permet que des calculs non-perturbatifs, par exemple sur réseau, il devient petit à grande énergie, et les quarks et les gluons deviennent asymptotiquement libres (voir le prix Nobel 2004 de physique).

QCD non-perturbative et calculs sur réseau :

L'interaction forte possède la particularité de confiner les quarks et les gluons au sein de hadrons. Ce phénomène est impossible à décrire par les méthodes perturbatives. Parmi les méthodes non-perturbatives, les calculs sur réseau sont très prometteurs. La QCD est formulée sur un espace-temps discret euclidien, et les équations dynamiques sont résolues numériquement. Ceci permettrait de ne comprendre pas seulement le confinement des quarks et gluons, mais aussi le déconfinement à température élevée où bien de déterminer les masses des hadrons.

QCD non-relativiste et états liés de quarks lourds :

Les systèmes les plus simples pour étudier l'hadronisation et les aspects non-perturbatifs de la QCD sont les états liés des quarks et anti-quarks lourds (quarkonia). La théorie effective de la QCD non relativiste (NRQCD) permet de factoriser la production et la désintégration de ces états liés en contributions perturbatives et non perturbatives. En outre, cette théorie est la seule qui peut expliquer les sections efficaces de production des mesons J/Psi, Psi' etc. mesurées au Tevatron, néanmoins au prix d'un ajustement aux données des valeurs moyennes des opérateurs non perturbatifs. Jusqu'à présent, des résultats théoriques ont été obtenus seulement à l'ordre dominant du couplage fort et de la vitesse relative entre le quark et l'anti-quark. Il faut absolument tenir compte des corrections aux ordres supérieurs et vérifier la factorisation auprès des divers collisioneurs.

QCD perturbative et jets :

Comme le couplage de l'interaction forte est assez grand, les jets hadroniques et les hadrons, mais aussi les photons sont produits en grande quantité auprès les collisioneurs à haute énergie. Ainsi ces processus offrent la meilleure chance de déterminer les paramètres libres de la QCD comme le couplage fort et les densités de partons dans le proton, photon et pion. En particulier, les densités des gluons ne sont toujours pas bien connues. La situation peut être améliorée considérablement en comparant aux données expérimentales les calculs à l'ordre suivant l'ordre dominant.


Supersymétrie :

La supersymétrie (SUSY) à basse énergie est l'extension du Modèle Standard la plus économique : elle peut résoudre le problème de hiérarchie entre la masse du boson de Higgs et l'échelle de Planck, briser la symétrie électro-faible et expliquer l'unification des couplages de jauge. Les mécanismes mous de brisure de supersymétrie restreignent les partenaires supersymétriques à être plus légers que quelques TeV. Si les particules supersymétriques existent, on les découvrira au Tevatron ou au LHC, et leurs masses, phases complexes et couplages seront déterminés auprè d'un collisioneur linéaire. Ce grand programme expérimental demande des calculs théoriques précis, qui tiennent compte des corrections de SUSY-QCD à l'ordre suivant l'ordre dominant.

Collisionneurs hadroniques :

La production par paires des jauginos, qui se désintègrent en trois leptons, offre la meilleure chance de découvrir la supersymétrie auprès des collisioneurs hadroniques. D'autre part, si les gluinos étaient légers ou s'ils étaient trop lourds pour être produits par paires, la production associée des jauginos et gluinos pourrait offrir la meilleure chance de découvrir la supersymétrie ou de déterminer la masse du gluino au Tevatron ou LHC.

Collisionneurs leptoniques :

Après la découverte des particules supersymétriques aux collisioneurs hadroniques, il faut déterminer la densité lagrangienne en supersymétrie et ses paramètres libres avec précision grâce à un collisioneur linéaire international (ILC). Cela sera difficile pour le spin, la masse et le couplage du gluino, car il ne se couple directement qu'aux quarks et gluons. Auprès des collisioneurs électron-positron, le gluino n'est ainsi produit par paires qu'au niveau des boucles de quarks et de squarks, qui s'annulent largement. Par conséquent, des gluinos lourds seront difficiles à observer auprès des collisioneurs linéaires. Par contre, si les gluinos sont légers, l'exploration du seuil de leur production permettra de déterminer leur masse avec une précision de 5-10 GeV. Leur distribution angulaire permettra de décider si le gluino est vraiment un fermion de Majorana.

Rayonnement cosmique


Physique Hadronique :

Hadrons exotiques

Le modèle des quarks explique les masses et les propriétés des hadrons. Il reproduit très bien la systématique des excitations radiales et orbitales et les écarts fins et hyperfins. Une fois que les paramètres sont ajustés sur les hadrons connus, le modèle des quarks permet de spéculer sur l'existence ou l'absence de hadrons exotiques. Ce travail suppose une résolution très soignée du problème à petit nombre de corps. Il apparaît que les systèmes combinant des quarks lourds et des quarks ou antiquarks légers offrent les meilleures chances de former des hadrons exotiques stables.

Interaction nucléon-antinucléon

Des expériences, notamment à l'anneau LEAR du CERN, ont accumulé de très nombreuses données sur la diffusion et l'annihilation nucléon-antinucléon. Ces informations permettent de dégager des mécanismes d'interaction. C'est une physique complexe, mêlant des forces interhadroniques à grande distance et des processus impliquant directement les quarks du nucléon et les antiquarks de l'antinucléon.

Stabilité des systèmes de quelques charges

Si on prend trois charges élémentaires en interaction coulombienne, on obtient parfois un système stable comme l'ion positonium ou un système instable comme celui constitué d'un proton, d'un électron et d'un positon. On peut donner quelques propriétés rigoureuses de la carte du domaine de stabilité dans l'espace des masses, pour les systèmes de trois ou quatre charges, et compléter ces informations par des investigations numériques. Certains critères qui renforcent la stabilité peuvent s'appliquer à d'autres systèmes quantiques.

Liaison borroméenne

En mécanique quantique à trois dimensions, un potentiel attractif de courte portée requiert une intensité minimale pour former un état lié. On observe cependant que ce seuil de liaison est plus bas pour les systèmes à trois corps qu'à deux corps, et plus bas pour quatre corps que pour trois, etc. Il existe donc une fenêtre critique dans laquelle un système est lié alors que ses sous-systèmes ne sont pas liés. Ce phénomène est appelé " liaison borroméenne ". En physique nucléaire, une liaison borroméenne est observée pour l'isotope 6He et quelques autres noyaux à deux neutrons périphériques. En physique moléculaire, une liaison borroméenne existe pour certaines combinaisons d'atomes de gaz rares très froids. En physique atomique, on prédit aussi une liaison borroméenne par une molécule formée d'un proton, un deuton, un antiproton et un antideuton. Le paramètre qui possède un seuil de liaison n'est plus la constante de couplage du potentiel mais le rapport de masse entre proton et deuton.

Dynamique sur le cône de lumière
Facteurs de forme
Interaction nucléon-nucléon
Quarks constituants


Dernière mise à jour : 5 août 2005
Michael Klasen ()