Master 2 Gestion scientifique et technologique des Déchets Radioactifs (GDRA) : contexte industriel

En France, la production d'électricité d'origine nucléaire représente 80% de la production totale d'électricité, grâce à 58 réacteurs nucléaires répartis dans 19 centrales. Les choix énergétiques faits par notre pays nécessitent une politique rigoureuse de la gestion de des déchets s'appuyant sur des compétences spécifiques à ce domaine.

La France, comme la Grande Bretagne, le Japon, la Belgique, l'Allemagne, la Russie, a choisi de retraiter le combustible usé. Les déchets nucléaires sont donc produits dans la phase d'élaboration du combustible, dans la phase d'exploitation du combustible, dans la phase du retraitement du combustible. Outre l'industrie électronucléaire, d'autres secteurs de l'activité humaine produisent des déchets radioactifs : service de médecine nucléaire, étalonnage des instruments à partir de sources scellées, industrie des terres rares, cosmétologie, etc...

L'Agence de l'Energie Nucléaire de l'OCDE a donné une définition communément adoptée pour les déchets radioactifs : Un déchet radioactif est un matériau contenant des radioéléments en concentration supérieure aux valeurs que les autorités compétentes considèrent comme admissibles et pour lequel aucun usage n'est prévu.

La gestion des déchets radioactifs a pour objectif de caractériser, quantifier et traiter la radioactivité qu'ils contiennent de façon à maîtriser les conséquences, en particulier sur une grande échelle de temps, de leurs impacts sur l'homme ou son environnement. La production de déchets radioactifs conditionnés s'élève à environ 20 000m3/an, dont 10% de déchets à haute activité ou à vie longue (rapport de l'ANDRA).

L'origine de ces déchets est très diverse : industrie électronucléaire, secteur médical, utilisations industrielles des radioéléments ou processus industriels induisant une concentration indirecte de la radioactivité naturelle. Chaque année on décharge de l'ensemble du parc électronucléaire français environ 1100 tonnes de combustible irradié qui est retraité. Au total 50 000 sources scellées radioactives sont utilisées en France à des fins industrielles ou médicales. Plus de 300 000 colis de matières radioactives sont transportés en France chaque année pour les besoins de l'industrie nucléaire ou non (source : IRSN).

Ces quelques données fixent les ordres de grandeur sur le volume de matière radioactive traité par l'industrie. Avec la loi de 1991, le Parlement a inscrit la politique française dans une perspective de recherche de solutions pérennes et sûres pour ces déchets, c'est pourquoi le Parlement a retenu en 2006, la mise en œuvre d'un stockage profond, comme seule solution capable d'assurer la sûreté à long terme des déchets radioactifs dans le cadre de la loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire. Le projet de stockage CIGEO fait actuellement l'objet d'un débat public qui constitue une étape indispensable avant le dépôt de la demande d'autorisation par l'ANDRA en 2015.