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Les rayons cosmiques aux énergies extrêmes



Généralités

 
Spectre des rayons cosmiques
Spectre des rayons cosmiques

Depuis les travaux pionniers de Victor Hess en 1912, l’étude  des rayons cosmiques (RC), c'est-à-dire la mesure de leur flux, de leur nature et de leur origine a considérablement progressé et leur spectre en énergie est connu aujourd’hui jusqu'à des  énergies aussi extrêmes que 5 1019 eV.  Au-delà de cette limite, le flux de protons qui est le flux majoritaire à plus basse énergie devrait être coupé par l’interaction avec le fond de photons cosmologiques (effet GZK : Greisen-Zatsepin-Guzmin) si leur source est située à l’extérieur d’une sphère de plus de 50 Mpc, ce qui est le cas si ceux-ci sont d’origine extragalactique. La publication  par l’expérience AGASA de l’observation d’une dizaine d’événements au delà de 1020 eV, donc à une  énergie  bien au delà de la coupure GZK,  a suscité de vives discussions, notamment en regard des résultats d’expériences concurrentes comme HiRes ou Haverah Park. En effet, des analyses récentes de ces deux dernières expériences ont ramené des événements initialement ‘super-GZK’ en deçà de la coupure. Il en résulte une situation expérimentale  peu claire. L’observatoire Pierre Auger devrait permettre d’ici peu de clarifier cette situation et de savoir si le spectre ‘remonte’ au delà la coupure GZK comme le mesure AGASA.

            Si les résultats d’AGASA étaient confirmés, il est évident que physiciens et astrophysiciens se trouveraient alors confrontés à une énigme majeure : d’une part les Zevatrons cosmiques (étoiles à neutrons, AGN,….) modélisés par les astrophysiciens ont du mal à atteindre de telles énergies (processus bottom-up) et d’autre part, aucun de ceux-ci n’est situé de façon suffisamment proche pour échapper à l’atténuation GZK.

            Des solutions pourraient  être trouvées au-delà de la physique connue : désintégration de particules super massives reliques des transitions de phase primordiales  telles que les imaginent les physiciens des particules (1015 GeV soit 1024 eV pour les théories de grande unification), existence de dimensions d’espace supplémentaires, évaporation de trous noirs primordiaux, ou brisure de l’invariance de Lorentz,… Les rayons cosmiques permettraient d’avoir des indications sur une nouvelle physique à des énergies bien au delà des performances des accélérateurs actuels, même si bien entendu  le prix à payer est une luminosité extrêmement faible (1 particule par km2 et par siècle !) et un calorimètre, l’atmosphère, dont la structure complexe et changeante, est difficile à connaître de façon précise à chaque instant. De plus, bien entendu, la modélisation des gerbes atmosphériques indispensable pour caractériser la particule primaire (énergie, nature, ..),  nécessite des extrapolations à des énergies ou des angles souvent bien au-delà des données actuelles (il faut noter qu’une collision d’un proton de 1020 eV sur un proton au repos  correspond à une énergie centre de masse de 450 TeV). Toutefois, la difficulté de ces expériences ne doit pas faire oublier que ces rayons cosmiques d’ultra haute énergie constituent sans doute notre unique chance d’accéder à des énergies aussi extrêmes.  En particulier, l’astronomie des neutrinos d’énergie extrême pourrait constituer un des meilleurs accès vers les ‘ nouvelles physiques’.


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